Actualités & nos actions

Retrouvez ici les actions de l'association, nos publications, vidéos et informations utiles pour les familles. Cette page est mise à jour régulièrement par notre équipe.

Réexamen des plaintes pédocriminelles : près de 1 000 dossiers prioritaires, 675 incarcérations

Publié le 15 juillet 2026

Réexamen des plaintes pédocriminelles : près de 1 000 dossiers prioritaires, 675 incarcérations

Le 15 juillet 2026, cinq semaines après avoir demandé à l'ensemble des parquets de réexaminer les plaintes pour infractions sexuelles sur mineurs, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a présenté un premier bilan. Sur 69 626 dossiers revus et 85 047 plaintes recensées, 970 ont été jugés « prioritaires » — suspects identifiés, avec antécédents, et victimes toujours mineures — soit 1,14 % du stock. Depuis le 8 juin, 675 personnes ont été incarcérées.

Parmi les procédures réexaminées, 61,5 % relèvent de faits délictuels et 38,5 % de faits criminels ; 83,5 % des mis en cause sont identifiés. Fait notable : 91,4 % des personnes mises en cause n'avaient jamais été condamnées auparavant.

Ce réexamen fait suite à la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, dont le principal suspect avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes restées sans suite. Le ministre a annoncé vouloir proposer l'imprescriptibilité de certains crimes sexuels commis sur des mineurs.

Le message de VigieMineurs : ces chiffres confirment ce que vivent trop de familles — des plaintes qui restent parfois sans réponse. Si vous avez déposé une plainte restée sans suite, vous pouvez demander où en est la procédure et vous faire accompagner dans vos démarches. Nos guides sont là pour vous aider, étape par étape. Vous n'êtes pas seul·e.

« Coco » : 178 personnes interpellées, la traque des utilisateurs se poursuit

Publié le 8 juillet 2026

« Coco » : 178 personnes interpellées, la traque des utilisateurs se poursuit

Le 8 juillet 2026, la Gendarmerie nationale a annoncé un vaste coup de filet : 178 personnes, âgées de 20 à 60 ans, ont été interpellées entre mai et juin 2026, soupçonnées de diffusion et de partage de contenus pédocriminels ou d'atteintes sexuelles sur mineurs. L'opération, coordonnée par l'Unité nationale cyber (UNCyber) de la gendarmerie, a mobilisé 762 gendarmes et donné lieu à 172 gardes à vue.

C'est la deuxième phase d'une enquête ouverte après la fermeture de Coco en 2024 : après avoir fermé le site, les enquêteurs se sont attachés à identifier ses principaux contributeurs. Les analyses ont porté sur 185 853 photographies et 23 597 vidéos. À ce stade, 69 dossiers ont donné lieu à des suites judiciaires : 7 peines de prison ferme, 2 peines avec sursis, 19 détentions provisoires, 19 contrôles judiciaires et 22 convocations devant la justice.

Les investigations se poursuivent — d'autant qu'un site présenté comme un successeur, « Cocoland », serait réapparu, hébergé à l'étranger.

Ce que cela signifie pour les familles : la fermeture d'une plateforme ne fait pas disparaître le risque, qui se déplace vers de nouveaux services. La vigilance et le dialogue restent les meilleures protections. En cas de doute, le 3018 (violences numériques) et la plateforme PHAROS sont vos premiers relais.

Vers l'imprescriptibilité des viols sur mineurs : le projet de loi de Gérald Darmanin

Publié le 19 mai 2026

Vers l'imprescriptibilité des viols sur mineurs : le projet de loi de Gérald Darmanin

Le 19 mai 2026, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé vouloir rendre imprescriptibles les viols commis sur des mineurs. Aujourd'hui, une victime d'un viol subi dans l'enfance peut porter plainte jusqu'à ses 48 ans (trente ans après sa majorité) — un délai que de nombreuses associations jugent insuffisant, car certaines victimes ne parviennent à parler que bien plus tard.

Ce serait un changement majeur : le droit français ne prévoit aujourd'hui l'imprescriptibilité que pour les crimes contre l'humanité. Le projet, porté avec la ministre de la Santé Stéphanie Rist, comporterait d'autres volets : une « ordonnance de sûreté de l'enfant » permettant à un juge de protéger un mineur pendant l'enquête, un « juge unique des familles » épaulé de procureurs spécialisés, et une réforme de l'Aide sociale à l'enfance (ASE).

Le contexte est lourd : selon la Ciivise, près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.

La position de VigieMineurs : nous saluons toute avancée qui laisse aux victimes le temps de parler. Mais une loi ne suffira pas sans moyens humains et financiers à la hauteur. En attendant, si vous êtes concerné·e, sachez que les délais actuels laissent souvent la porte ouverte à une plainte : ne renoncez pas sans vous renseigner.

Sextorsion, IA et défaillances des plateformes : le premier rapport du 3018

Publié le 15 mai 2026

Sextorsion, IA et défaillances des plateformes : le premier rapport du 3018

En mai 2026, l'Association e-Enfance / 3018 — signaleur de confiance désigné par l'Arcom — a publié son premier rapport de transparence, portant sur l'année 2025. Les chiffres donnent le vertige.

En 2025, le 3018 a reçu près de 124 500 sollicitations. Une victime sur quatre a moins de 11 ans. Près d'un signalement sur quatre porte sur des faits sexuels visant des mineurs (pédocriminalité, sextorsion, grooming) ; plus d'un tiers de ces situations relèvent de la sextorsion — le chantage à l'image intime.

Nouveau facteur aggravant : l'intelligence artificielle. Plus d'un quart des cas de sextorsion impliquent désormais des outils d'IA (deepfakes, applications de « déshabillage »). Les conséquences sur la santé mentale explosent : le 3018 gère une crise suicidaire tous les trois jours.

Le rapport pointe aussi les défaillances des plateformes : sur Snapchat, YouTube et Facebook, plus d'un contenu signalé sur deux reste en ligne ; sur X, près de trois sur quatre. Le schéma est presque toujours le même : un premier contact sur une plateforme publique, puis une bascule vers une messagerie privée peu modérée.

Notre conseil aux parents : faites connaître le 3018 et son application à vos adolescents. Rappelez-leur qu'une image envoyée peut être détournée, y compris par une IA, et qu'ils peuvent en parler sans être jugés. Face au chantage : ne pas payer, ne rien supprimer, tout capturer, et appeler le 3018.

PHAROS : près de 44 000 contenus pédocriminels retirés en 2025

Publié le 11 février 2026

PHAROS : près de 44 000 contenus pédocriminels retirés en 2025

La plateforme PHAROS — le portail officiel de signalement des contenus illicites en ligne, géré par la police et la gendarmerie depuis 2009 — a publié son bilan pour l'année 2025. Son action a permis le retrait à la source de 43 994 contenus d'atteintes sexuelles sur mineurs (ainsi que 2 814 contenus terroristes).

Derrière ces chiffres, un travail d'urgence : 509 signalements ont été traités en « urgence absolue », aux fins de sauvegarde de la vie humaine. Par ailleurs, 938 contenus (notamment discriminatoires) ont été notifiés à leurs hébergeurs pour retrait.

À quoi sert PHAROS, concrètement ? À centraliser les signalements des citoyens, à les recouper et à les orienter vers les services d'enquête compétents. C'est l'un des premiers réflexes à avoir quand on tombe sur un contenu illégal visant un mineur.

Ce que vous pouvez faire : si vous découvrez une image, une vidéo ou un profil suspect, signalez-le sur internet-signalement.gouv.fr (PHAROS). Notez l'adresse (URL), faites une capture d'écran, mais ne rediffusez jamais le contenu. En cas de danger immédiat pour un enfant, appelez le 17.

Grooming et sextorsion : les bons réflexes à connaître en famille

Publié le 1 septembre 2025

Le grooming (mise en confiance d'un enfant par un adulte à des fins sexuelles) et la sextorsion (chantage à l'image intime) suivent presque toujours le même scénario : un premier contact sur une plateforme publique — un jeu, un réseau social — puis une bascule rapide vers une messagerie privée, moins surveillée, où la pression s'installe.

Les bons réflexes à transmettre à votre enfant :
• Un inconnu « trop gentil », qui isole, flatte et demande le secret, doit alerter.
• On ne partage jamais d'image intime — elle peut être détournée, y compris par une IA.
• En cas de chantage : ne pas payer, ne rien supprimer, tout capturer (captures d'écran, pseudos, liens), et en parler tout de suite à un adulte.

Et surtout : un enfant victime n'est JAMAIS responsable. Le seul responsable est l'adulte qui a manipulé. Le dire, clairement, libère la parole.

La vidéo ci-dessus est le spot officiel de la campagne gouvernementale de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. Regardez-la en famille : elle ouvre le dialogue mieux qu'un long discours.

Besoin d'aide ? Le 3018 (gratuit, anonyme) accompagne les jeunes victimes de violences numériques et leurs parents. Pour signaler un contenu : PHAROS. En cas d'urgence : le 17.

Pédocriminalité générée par IA : le coup de filet « Cumberland » et ce que dit la loi

Publié le 28 février 2025

Pédocriminalité générée par IA : le coup de filet « Cumberland » et ce que dit la loi

Le 28 février 2025, Europol annonçait 25 interpellations dans le cadre de l'opération « Cumberland », l'une des toutes premières affaires internationales visant des contenus pédocriminels générés par intelligence artificielle. Menée sous l'égide de la police danoise, l'opération a mobilisé les forces de l'ordre de 19 pays, dont la France, et fait suite à l'arrestation du principal suspect, qui administrait une plateforme diffusant ces images artificielles.

Europol a insisté sur un point : même lorsqu'aucune victime réelle n'est représentée, ces images participent à la sexualisation et à la « chosification » des enfants — et elles sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont désormais faciles à produire, sans compétence technique particulière.

En France, le droit s'applique déjà. L'article 227-23 du Code pénal réprime la détention et la diffusion d'images pédopornographiques — y compris lorsque le mineur représenté est « imaginaire » — jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. La loi SREN a étendu ce cadre aux hypertrucages (« deepfakes ») à caractère sexuel.

Notre message aux parents : les applications de « nudification » et les générateurs d'images ne sont pas des jeux. Expliquez à vos adolescents qu'utiliser ou partager de telles images — même « pour rire », même sur une camarade — est un délit, et que produire ce type de contenu sur un mineur est un crime.

Fermeture du site de tchat « Coco » : un tournant contre la mise en relation des prédateurs

Publié le 26 juin 2024

Fermeture du site de tchat « Coco » : un tournant contre la mise en relation des prédateurs

Le 25 juin 2024, le parquet de Paris a annoncé la fermeture judiciaire de Coco.gg (ex-coco.fr), un site de tchat « sans inscription » auquel on accédait en renseignant seulement un genre, un âge et un code postal — sans aucune vérification d'identité. Cette absence totale de contrôle en avait fait, pendant des années, un point de rencontre pour de nombreux prédateurs.

Le fondateur, Isaac Steidl, a été interpellé en Bulgarie, et trois proches en France. L'enquête, confiée à la JUNALCO (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), s'appuyait notamment sur une infraction récente : la fourniture d'une plateforme en ligne permettant des transactions illicites en bande organisée. Les serveurs, situés en Allemagne, ont été saisis dans le cadre d'une opération internationale coordonnée par Eurojust (France, Bulgarie, Allemagne, Lituanie, Pays-Bas, Hongrie).

L'ampleur est vertigineuse : selon le parquet, plus de 23 000 procédures judiciaires liées à Coco ont été ouvertes entre janvier 2021 et mai 2024. La plateforme est apparue dans des affaires majeures, dont le procès des viols de Mazan, où Dominique Pelicot — condamné en décembre 2024 à 20 ans de réclusion — recrutait des agresseurs via le site.

Ce que nous retenons chez VigieMineurs : un service qui ne vérifie pas l'identité de ses membres et modère peu ses contenus expose directement les mineurs. Parlez à vos enfants des plateformes « anonymes », et rappelez-leur qu'un interlocuteur peut mentir sur son âge comme sur son identité.