Actualités & nos actions
Retrouvez ici les actions de l'association, nos publications, vidéos et informations utiles pour les familles. Cette page est mise à jour régulièrement par notre équipe.
Réexamen des plaintes pédocriminelles : près de 1 000 dossiers prioritaires, 675 incarcérations
Publié le 15 juillet 2026
Parmi les procédures réexaminées, 61,5 % relèvent de faits délictuels et 38,5 % de faits criminels ; 83,5 % des mis en cause sont identifiés. Fait notable : 91,4 % des personnes mises en cause n'avaient jamais été condamnées auparavant.
Ce réexamen fait suite à la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, dont le principal suspect avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes restées sans suite. Le ministre a annoncé vouloir proposer l'imprescriptibilité de certains crimes sexuels commis sur des mineurs.
Le message de VigieMineurs : ces chiffres confirment ce que vivent trop de familles — des plaintes qui restent parfois sans réponse. Si vous avez déposé une plainte restée sans suite, vous pouvez demander où en est la procédure et vous faire accompagner dans vos démarches. Nos guides sont là pour vous aider, étape par étape. Vous n'êtes pas seul·e.
« Coco » : 178 personnes interpellées, la traque des utilisateurs se poursuit
Publié le 8 juillet 2026
C'est la deuxième phase d'une enquête ouverte après la fermeture de Coco en 2024 : après avoir fermé le site, les enquêteurs se sont attachés à identifier ses principaux contributeurs. Les analyses ont porté sur 185 853 photographies et 23 597 vidéos. À ce stade, 69 dossiers ont donné lieu à des suites judiciaires : 7 peines de prison ferme, 2 peines avec sursis, 19 détentions provisoires, 19 contrôles judiciaires et 22 convocations devant la justice.
Les investigations se poursuivent — d'autant qu'un site présenté comme un successeur, « Cocoland », serait réapparu, hébergé à l'étranger.
Ce que cela signifie pour les familles : la fermeture d'une plateforme ne fait pas disparaître le risque, qui se déplace vers de nouveaux services. La vigilance et le dialogue restent les meilleures protections. En cas de doute, le 3018 (violences numériques) et la plateforme PHAROS sont vos premiers relais.
Vers l'imprescriptibilité des viols sur mineurs : le projet de loi de Gérald Darmanin
Publié le 19 mai 2026
Ce serait un changement majeur : le droit français ne prévoit aujourd'hui l'imprescriptibilité que pour les crimes contre l'humanité. Le projet, porté avec la ministre de la Santé Stéphanie Rist, comporterait d'autres volets : une « ordonnance de sûreté de l'enfant » permettant à un juge de protéger un mineur pendant l'enquête, un « juge unique des familles » épaulé de procureurs spécialisés, et une réforme de l'Aide sociale à l'enfance (ASE).
Le contexte est lourd : selon la Ciivise, près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
La position de VigieMineurs : nous saluons toute avancée qui laisse aux victimes le temps de parler. Mais une loi ne suffira pas sans moyens humains et financiers à la hauteur. En attendant, si vous êtes concerné·e, sachez que les délais actuels laissent souvent la porte ouverte à une plainte : ne renoncez pas sans vous renseigner.
Sextorsion, IA et défaillances des plateformes : le premier rapport du 3018
Publié le 15 mai 2026
En 2025, le 3018 a reçu près de 124 500 sollicitations. Une victime sur quatre a moins de 11 ans. Près d'un signalement sur quatre porte sur des faits sexuels visant des mineurs (pédocriminalité, sextorsion, grooming) ; plus d'un tiers de ces situations relèvent de la sextorsion — le chantage à l'image intime.
Nouveau facteur aggravant : l'intelligence artificielle. Plus d'un quart des cas de sextorsion impliquent désormais des outils d'IA (deepfakes, applications de « déshabillage »). Les conséquences sur la santé mentale explosent : le 3018 gère une crise suicidaire tous les trois jours.
Le rapport pointe aussi les défaillances des plateformes : sur Snapchat, YouTube et Facebook, plus d'un contenu signalé sur deux reste en ligne ; sur X, près de trois sur quatre. Le schéma est presque toujours le même : un premier contact sur une plateforme publique, puis une bascule vers une messagerie privée peu modérée.
Notre conseil aux parents : faites connaître le 3018 et son application à vos adolescents. Rappelez-leur qu'une image envoyée peut être détournée, y compris par une IA, et qu'ils peuvent en parler sans être jugés. Face au chantage : ne pas payer, ne rien supprimer, tout capturer, et appeler le 3018.
PHAROS : près de 44 000 contenus pédocriminels retirés en 2025
Publié le 11 février 2026
Derrière ces chiffres, un travail d'urgence : 509 signalements ont été traités en « urgence absolue », aux fins de sauvegarde de la vie humaine. Par ailleurs, 938 contenus (notamment discriminatoires) ont été notifiés à leurs hébergeurs pour retrait.
À quoi sert PHAROS, concrètement ? À centraliser les signalements des citoyens, à les recouper et à les orienter vers les services d'enquête compétents. C'est l'un des premiers réflexes à avoir quand on tombe sur un contenu illégal visant un mineur.
Ce que vous pouvez faire : si vous découvrez une image, une vidéo ou un profil suspect, signalez-le sur internet-signalement.gouv.fr (PHAROS). Notez l'adresse (URL), faites une capture d'écran, mais ne rediffusez jamais le contenu. En cas de danger immédiat pour un enfant, appelez le 17.
Grooming et sextorsion : les bons réflexes à connaître en famille
Publié le 1 septembre 2025
Les bons réflexes à transmettre à votre enfant :
• Un inconnu « trop gentil », qui isole, flatte et demande le secret, doit alerter.
• On ne partage jamais d'image intime — elle peut être détournée, y compris par une IA.
• En cas de chantage : ne pas payer, ne rien supprimer, tout capturer (captures d'écran, pseudos, liens), et en parler tout de suite à un adulte.
Et surtout : un enfant victime n'est JAMAIS responsable. Le seul responsable est l'adulte qui a manipulé. Le dire, clairement, libère la parole.
La vidéo ci-dessus est le spot officiel de la campagne gouvernementale de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. Regardez-la en famille : elle ouvre le dialogue mieux qu'un long discours.
Besoin d'aide ? Le 3018 (gratuit, anonyme) accompagne les jeunes victimes de violences numériques et leurs parents. Pour signaler un contenu : PHAROS. En cas d'urgence : le 17.
Pédocriminalité générée par IA : le coup de filet « Cumberland » et ce que dit la loi
Publié le 28 février 2025
Europol a insisté sur un point : même lorsqu'aucune victime réelle n'est représentée, ces images participent à la sexualisation et à la « chosification » des enfants — et elles sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont désormais faciles à produire, sans compétence technique particulière.
En France, le droit s'applique déjà. L'article 227-23 du Code pénal réprime la détention et la diffusion d'images pédopornographiques — y compris lorsque le mineur représenté est « imaginaire » — jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. La loi SREN a étendu ce cadre aux hypertrucages (« deepfakes ») à caractère sexuel.
Notre message aux parents : les applications de « nudification » et les générateurs d'images ne sont pas des jeux. Expliquez à vos adolescents qu'utiliser ou partager de telles images — même « pour rire », même sur une camarade — est un délit, et que produire ce type de contenu sur un mineur est un crime.
Fermeture du site de tchat « Coco » : un tournant contre la mise en relation des prédateurs
Publié le 26 juin 2024
Le fondateur, Isaac Steidl, a été interpellé en Bulgarie, et trois proches en France. L'enquête, confiée à la JUNALCO (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), s'appuyait notamment sur une infraction récente : la fourniture d'une plateforme en ligne permettant des transactions illicites en bande organisée. Les serveurs, situés en Allemagne, ont été saisis dans le cadre d'une opération internationale coordonnée par Eurojust (France, Bulgarie, Allemagne, Lituanie, Pays-Bas, Hongrie).
L'ampleur est vertigineuse : selon le parquet, plus de 23 000 procédures judiciaires liées à Coco ont été ouvertes entre janvier 2021 et mai 2024. La plateforme est apparue dans des affaires majeures, dont le procès des viols de Mazan, où Dominique Pelicot — condamné en décembre 2024 à 20 ans de réclusion — recrutait des agresseurs via le site.
Ce que nous retenons chez VigieMineurs : un service qui ne vérifie pas l'identité de ses membres et modère peu ses contenus expose directement les mineurs. Parlez à vos enfants des plateformes « anonymes », et rappelez-leur qu'un interlocuteur peut mentir sur son âge comme sur son identité.